Fleurs de Redouté


Redouté sous la royauté

Surnommé le « Raphaël des Fleurs », Pierre Joseph Redouté (1759-1840) eut un succès si considérable grâce à ses aquarelles de fleurs, qu’il fut imité dans le monde entier. Ses images ont dès le XVIIIe siècle fleuri sur les objets d’Art, sur des papiers peints, des accessoires de mode et maintenant sur des toiles cirées.

Redouté a réussi à traverser les crises politiques successives et à survivre aux différents régimes politiques grâce à son talent reconnu de tous.

Dessinateur en 1788 du cabinet de la reine Marie Antoinette, primé en 1793 par le tout jeune Muséum National d’Histoire Naturelle, puis peintre de Joséphine sous l’empire jusqu’en 1814.

Marie Antoinette qu’on sait proche de la nature séduite par le talent du jeune Pierre Joseph qu’elle lui offre le titre prestigieux de dessinateur et de peintre du cabinet de la Reine. Il devint très vite « peintre des Vélins de la collection du Muséum dont la tradition royale inaugurée par Louis XIV se poursuivra jusqu’à la Révolution française.

Redouté sous l'Empire

Évidemment la Révolution apporte de grands changements. À partir de 1792 Redouté est autorisé, comme tous les non-académiciens, à exposer ses aquarelles au Salon qui reconnaît enfin la peinture de science naturelle comme un genre à part entre. Il y exposera jusqu’à l’année de sa mort en 1840.

En 1825 il tente d’entrer à L’Académie mais la technique de l’aquarelle, comme le genre de la peinture florale, restant encore considérée comme mineure sa candidature n’est pas retenue.

Très prodigue, il vend ses aquarelles, compositions florales sans vases, petites, grands, soliflores ou bouquets comme cueillis du jardin. Il donne des cours chez lui ou au Muséum.

Le début du XIXe siècle et sa rencontre avec Joséphine Bonaparte constituent la période la plus heureuse et la plus féconde de sa vie. Elle le nomme son « peintre de fleurs » et lui commande Le Jardin de la Malmaison. Près de la moitié des commandes sont assurées par le couple impérial

Les soucis pécuniaires commencent par l’effondrement de l’Empire en 1814.

Après la période 1800-1814, sommet de sa carrière artistique et de sa réussite sociale, Redouté s’attelle aux Roses exclusivement, comptant sur le succès d’une fleur mise à la mode par l’impératrice.

Sa fille le retrouve le matin du 19 juin 1840, terrassé, le pinceau à la main :

« Il était dans une contemplation muette et presque solennelle en présence de ses divins modèles, il avait peur de les ternir, même d’un souffle, il les appelait les étoiles de la terre; à force de les voir, de les admirer et les aimer, il en savait les noms, les parfums… […] la fleur restait brillante et parée, elle restait entourée de son feuillage natif, de son innocente épine, de la mousse qui la recouvrait, elle gardait la goutte d’eau tombée du ciel ou l’insecte doré qui vivait dans son calice. C’était là pour notre peintre des miracles de tous les jours…  » Éloge funèbre, Jules Janin, Le journal des débats, 1840.

Redouté a collaboré avec les plus grands botanistes de son temps et a participé à près d'une cinquantaine d'ouvrages comme illustrateur et éditeur qu’on peut retrouver dans des éditions contemporaines.

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